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Une rencontre maladroite

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MessageSujet: Une rencontre maladroite Sam 13 Fév 2016 - 0:18
La rue des rails, Palvês. Cette rue tenait son nom de l’ancienne voie de tramway qui la traversait de long en large. La guerre faisant puis le passage du temps avaient fait oublier à sa population l’ancien nom de cette avenue, mais elle était restée la plus grande rue passante de la ville, et surtout la rue de la haute société, là où vivaient et défilaient les riches industriels, ducs de passage et autres élites qui flânaient entre deux boutiques dites de luxe.
Autant dire que l’accès à cette partie de la ville était régulé et surveillé étroitement par l’armée et même si officiellement personne n’était sensé ne PAS pouvoir y accéder, force était de constater que les miséreux étaient souvent invités à aller faire la manche dans les parties moins glamour de la ville. C’était donc une rue passante, peuplée de riches habitants et avec peu de concurrence… Le lieu idéal pour un jeune homme qui n’était pas miséreux et souhaitait se faire un peu d’argent de poche en exposant ses talents ! Peut-être même que que l’un le remarquerait ? Qui sait ?
De sa voix cristalline et un doigté habile sur les cordes de sa guitare, Jonathan chantait le long d’un de ces trottoirs, un chapeau retourné à ses pieds et remerciant d’un sourire ceux qui avaient la gentillesse de lui faire l’aumône d’une pièce. Certes la musique n’était plus aussi appréciée qu’autrefois, beaucoup plus rare, mais c’était étrangement une des choses qui jouaient en la faveur du jeune garçon car il était une curiosité : propre, habillé de façon correcte quoi qu’un peu prolétaire et surtout talentueux, il savait attirer les badeaux qui s’accordaient une parenthèse de quelques instants pour écouter sa verbe. Bien entendu, la foule diminuait comme peau de chagrin lorsqu’il se permettait une entracte pour passer avec le chapeau auprès de ses spectateurs improvisés, mais le garçon ne perdait pas le sourire et remerciait même ceux qui ne déposaient rien dans le chapeau.
Après deux heures de chant, le garçon était content : il avait déjà rempli ses objectifs pour aujourd’hui car il avait bien assez pour pouvoir acheter ce joli ours en peluche que Laura avait vu dans la vitrine d’un magasin de jouets hier. Laura, c’était une petite orpheline de 5 ans qui vivait avec lui chez les bonnes sœurs. Lui et les autres enfants étaient la seule famille qu’elle n’ait jamais connue et quand on est une famille, on prend soin de ses cadets. C’était cette logique qui poussait Jonathan à revenir s’installer tous les jours dans la rue, variant les endroits autant que possible pour ne pas lasser un même auditoire trop vite. Il n’était cependant pas hypocrite dans sa démarche, une petite ardoise adossée au chapeau annonçait clairement la couleur : « un ours en peluche pour ma petite sœur svp ».

C’était maintenant sa dernière chanson, il avait gagné assez et il voulait profiter du temps qui lui restait pour aller à la boxe. Il était déjà 18 heures et le soleil commençait très lentement à afficher des signes de faiblesse dans ce mois de Mai. Sa chanson suivante ? Elle était sur le trésor de Palvês, un trésor légendaire, apparemment les sommes des richesses des anciens habitants de Saint-Étienne, avant même la guerre contre la Chine. Beaucoup le recherchaient, personne ne l’avait trouvé… En fait certains croyaient même qu’il était une légende. La chanson du jeune garçon prétendait savoir où il était, une envolée lyrique que le jeune Jonathan n’avait jamais complétée… Bien sûr parce qu’en vrai il ne savait pas où était ce trésor, mais aussi parce que son message était métaphorique : le trésor de Palvês était son peuple, ses architectures, sa production… La colonne vertébrale de l’empire. Son dernier tour de chapeau lui permit de récolter un peu plus qu’aux chansons précédentes mais il s’interrompit brusquement lorsqu’un type lui posa la main sur l’épaule et le retînt fermement. Portant le même genre d’habits prolétaires du Dimanche que lui et avec une haleine sentait fort l’alcool au point de faire détourner la tête au jeune chanteur de rue.


- Et où il est alors le trésor ?
Le jeune garçon essaya sans succès de se dégager de cette étreinte et conserva son sourire.
- Mais il est partout monsieur ! C’est la ville elle-même qui est un trésor !
Dit-il tout sourire en essayant de reprendre sa quête. Mais le bougre ne l’entendit pas de cette oreille et lui retînt le bras, visiblement un peu plus énervé.
- T’as dit que tu savais toi où il était ! Il est où ?
- Vous me faites mal !
Protesta alors le jeune garçon en perdant enfin son sourire. Devant la scène, certaines personnes s’en allèrent, d’autres restèrent pour regarder mais sans oser réagir. Tandis que le poivrot se vit rejoindre par d’autres acolytes (ou plutôt alcooliques), Jonathan se fit de plus en plus bousculer au point d’en faire tomber son chapeau remplit de pièces.
- Je suis sûr que tu veux le garder pour toi ? C’est ça ?!!
Essayant tant bien que mal de ramasser ses pièces, Jonathan leur répondit de manière cinglante.
- Vous croyez vraiment que je ferais la manche si je le savais ?! Et puis de toute façon, je ne vous le dirais pas !
Ce choix de mots malheureux fut tout ce qu’il fallait à l’alcoolique pour lever la main.
- Je le savais ! Tu vas cracher le morceau ptit con !
Jonathan réussit à esquiver la baffe et d’un geste vif du poignet, il sortit sa matraque télescopique, la brandissant comme une épée.
- Reculez ! Reculez tous ! A l’aide !
Cria-t-il dans le même temps tandis que les badeaux se dispersaient, ignorant sa détresse et sans même appeler la maréchaussée.
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MessageSujet: Re: Une rencontre maladroite Mer 17 Fév 2016 - 9:54
La trésor de Pâlves. Que de légendes tournaient autour de cette prétendue fortune qui serait planquée dans les ruines de Saint-Etienne. Bon nombres de chasseurs de trésors s'étaient lancés à sa poursuite, et ceux qui en étaient revenus ne faisait que relayer les rumeurs sur son existence. Tout le monde trouverait donc fou de se lancer à sa poursuite, ou tout du moins inutile. Mais pas moi. J'ai bien envie de le trouver celui-là. Mais pas sans prudence. Vu le nombre de chasseurs qui disparaissaient, j'aurais aimé ne pas y aller seul. Mais niveau finances, je suis un peu légère ces temps-ci, je devrais donc me contenter de ma propre personne. Et promettre qu'on paiera après avoir trouvé le magot est une très mauvaise idée.

J'avais passé ma journée à collecter des informations, glaner le plus de choses possibles pour brosser une zone possible de l'emplacement de ce pactole. Mais je dois avouer que tout ce que j'avais obtenu, c'était de maigres données. A croire qu'aucun chasseur ne faisait attention à cartographier les endroits qu'il avait fouillé et qu'ils fonçaient tous, armes brandies, vers les premières emmerdes possibles. Tu m'étonnes qu'ils n'aient rien trouvé.

La soirée commençait à tomber, et je déambulai, armes et paquetage sur le dos, ma chevalière comme seule indication de ma stature de noble, bien décidée à trouver deux trois trucs avant de rentrer à l'hôtel. J'espère réellement me mettre en route d'ici un ou deux jours. l'avantage de Pâlves, c'est que c'est dans les ruines. Je peut donc facilement explorer zone après zone de l'ancienne ville. Mais il me faut optimiser mes sorties, à cause du point de vue financier. Plongée dans ces pensées, mon oeil fut attiré par une scène se déroulant non loin. Un clochard en agressant un autre. Mais mon attention fut retenue par l'autre. Un gosse. Avec une matraque? Et qui appelle à l'aide? Mais défonce-le! Il est complètement bourré tu peux te le farcir facilement. Je gardais un oeil sur la pièce qui se déroulait devant moi, jouant avec les deux mèches de cheveux qui tombaient devant mon visage. Ce qu'ils sont lents... Tiens j'ai une idée.

Je m'approche des deux belligérants et m'interpose entre eux. D'une voix sèche, je déclare
Foutez-lui la paix.
J'ai pas d'ordre à recevoir de toi salope!


Toi tu me plais. C'est encore mieux que ce que j'imaginais. Il leva le bras et s’apprêta à l'abattre sur mon magnifique visage (quoi? un peu de narcissisme ne fait pas de mal). Je parai le coup de mon bras gauche avant de lui coller un direct du droit dans le foie. Un pas de côté qu'on pourrait qualifier de réflexe me fit esquiver le déversement de ses fluides gastriques sur le sol avant qu'il ne s'écroule dedans. J’interpelai un policier de vive voix avant de déclarer.
Officier, faites votre travail. Cette homme a osé levé la main sur ma personne. Mettez-le aux arrêts et donnez lui le châtiment qu'il mérite.

Vu son air quelque peu ahuri, j'en déduis que je ne suis pas tombée sur la première des lumières. Lentement, il me dit.
Roh ce n'est qu'un ivrogne qui a trop bu. Pas de quoi l'arrêter pour un aussi simple incident...
Outrée, je réponds, sèchement.
Pardon? Vous tolérez qu'un prolétaire lève la main sur l'héritière du Duché de Mondragon? Vous ne ferez rien? Attendez que vos supérieurs en entendent parler, et je peux vous jurer que ce simple incident deviendra votre pire cauchemar.

Je lui montrai ma chevalière, ce qui le fit blêmir instantanément avant qu'il ne s'empare prestement du fautif et ne l'emmène en direction du poste de police le plus proche. Un sourire satisfait sur le visage, je me retournai vers le gamin et sorti une pièce d'un franc de ma poche avant de la lui lancer.
Ca va minot?

Je n'attendis pas sa réponse et m'apprêtai à reprendre la route lorsque je me souvins de mon objectif. Et les clochards et autres habitants des rues ont souvent plus d'informations que les poivrots de taverne. Je me retournais donc et lui dit alors.
Fiston. Deux minutes. Une autre pièce si tu me dis tout ce que tu sais sur le trésor de Pâlves. C'est bien de ça dont tu parlais dans ta dernière mélodie?
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MessageSujet: Re: Une rencontre maladroite Mer 17 Fév 2016 - 20:09
Devant le refus affiché de qui que ce soit pour intervenir en sa faveur, le jeune Jonathan se résigna à devoir se battre pour se défendre. Utiliser une arme contre des ivrognes, ce n’était pas très noble, mais ce n’était pas très noble non plus de se mettre à trois contre un gamin…. D’autant plus que c’était eux qui l’avaient cherché…
Au moment où il leva sa matraque pour asséner un coup sur le sommet du crâne (et espérer peut-être lui remettre les idées en place avant que ça aille trop loi), une jeune femme décida finalement de s’interposer. Grande et belle comme le jour avec ses cheveux blonds, elle était richement habillée malgré une tenue clairement adaptée à l’aventure et certainement bien plus à sa place dans ce quartier que le jeune Jonathan ou ces poivrots.
Ses mouvements habiles et puissants épatèrent le jeune Jonathan qui comprit qu’il pouvait replier sa matraque quand l’homme déversa le contenu de son estomac sur le sol, parlez d’un lavage ! Avant qu’il n’aie l’occasion de remercier sa bienfaitrice, celle-ci commença à s’agiter auprès des gardes et ordonna l’arrestation des fauteurs de troubles. Un peu secoué mais pas blessé d’aucune manière, le jeune Jonathan essaya de les défendre.

- Oh, ce n’est pas nécessaire madame, je crois que…
Puis elle déclina son identité, une fille de noble, en voilà une bonne ! Pensez-vous, c’était pas pour lui qu’elle demandait de les enfermer, mais pour elle !
Jonathan perdit soudain un peu de sourire… Ces nobles, toujours à se croire supérieurs à l’entièreté de la race humaine, tout ça à cause de leur naissance… Même face à des gens si insignifiants que des poivrots ils se sentaient obligés de défendre leur fierté… Ridicule !
Mais malgré tout elle restait la seule personne dans toute cette rue à lui être venue en aide, ça comptait pour plus que sa fierté mal placée… Tout en rangeant ses sous dans sa poche, le garçon se rapprocha d’elle avec un immense sourire.

- Merci beaucoup madame, vous m’avez ôté une sacrée épine du pied.
Jonathan rattrapa ensuite la pièce au vol et élargit un peu plus son sourire quand elle lui demanda s’il allait bien.
- Encore mieux ! Merci madame !
Répondit-il en ajoutant cette pièce à la collection des autres dans sa poche. Puis juste après, alors qu’il rangeait sa guitare, vînt la révélation finale, ce pour quoi elle avait daigné l’aider. La fois en l’humanité de Jonathan retomba subitement à zéro après avoir légèrement augmenté suite à cette altercation. Avec une grimace, il se retourna.
- Ah… C’est pour ça que vous m’avez aidé…
Il ne cacha pas son déplaisir mais se ressaisit malgré tout, peut-être pouvait-il se faire quelques pièces ici s’il jouait correctement ses cartes.
- Oh, on sait quelques trucs, des rumeurs des légendes. Pas où il se trouve malheureusement, ni même si il existe hélas, sinon j’aurais déjà acheté mon titre comme vous !
Dit-il en ricanant avant de reprendre son sérieux et de glisser avec un sourire malicieux tout en rangeant sa guitare.
- Par contre rien qui vaille aussi peu qu’un franc j’en ai peur.
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